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Profil de résistance de Pseudomonas aeruginosa aux antibiotiques à l'Institut National d'Hygiène de 2018 à 2022

23 February 2026
Admin
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Profil de résistance de Pseudomonas aeruginosa aux antibiotiques à l'Institut National d'Hygiène de 2018 à 2022

Résumé : Cette étude décrit l'évolution du profil de résistance aux antibiotiques de Pseudomonas aeruginosa isolée à l'Institut National d'Hygiène (INH) de Lomé entre 2018 et 2022. Sur 208 souches analysées, une augmentation significative de la résistance a été observée pour plusieurs classes d'antibiotiques, notamment les β-lactamines, les fluoroquinolones et les aminosides. Ces résultats soulignent l'urgence de renforcer la surveillance nationale de la résistance aux antimicrobiens au Togo.


Auteurs : EO. Abodji, AY. Sadji, A. Azon, VMMA. Amouzou-Glikpa, A. Kutoati, K. Akolly, B. Bidjada, KL. Amegan, K. Palanga, NAM. Abaya, ESK. Awoussi, E. Posso, L. Gnagbane, WA. Halatoko, M. Salou

Institutions : Laboratoire de bactériologie, Institut National d'Hygiène (INH), Lomé, Togo ; Laboratoire du Centre Hospitalier Universitaire Campus, Lomé, Togo

Contact : aoubote@yahoo.fr — Tél. : +228 92164376


Introduction

Pseudomonas aeruginosa est l'une des causes majeures d'infections associées aux soins. Elle est considérée comme un paradigme du développement de la résistance aux antimicrobiens. La résistance bactérienne aux antibiotiques constitue un problème majeur de santé publique et la disponibilité des données est indispensable pour la mise en place de mesures de lutte. L'objectif de cette étude était de déterminer l'évolution du profil de résistance aux antibiotiques de Pseudomonas aeruginosa à l'Institut National d'Hygiène de Lomé de 2018 à 2022.

Méthodes

Il s'est agi d'une étude transversale descriptive des données d'antibiogramme des souches de P. aeruginosa isolées des prélèvements pathologiques au laboratoire de bactériologie de l'INH de Lomé, de 2018 à 2022. Les données ont été analysées avec le logiciel Epi info 7.2.2.16.

Résultats

Au total, 208 souches de P. aeruginosa ont été isolées avec une prédominance dans les pus (75 %) suivie des urines (20 %). Les prévalences globales des résistances étaient les suivantes :

  • Pipéracilline : 25,48 %
  • Pipéracilline + Tazobactam : 20,67 %
  • Ticarcilline + Acide clavulanique : 45,19 %
  • Ticarcilline : 45,3 %
  • Amikacine : 17,58 %
  • Gentamicine : 21,79 %
  • Nétilmicine : 21,39 %
  • Norfloxacine : 28,57 %
  • Ciprofloxacine : 28,92 %
  • Imipénème : 9,05 %
  • Céftazidime : 24,64 %

La résistance dans les pus et les urines était respectivement de 73,40 % et 20,21 % pour Ticarcilline + Acide clavulanique ; 80,39 % et 15,69 % pour Céftazidime ; 62,71 % et 30,51 % pour Ciprofloxacine ; 83,33 % et 11,11 % pour Imipénème.

De 2018 à 2022, la prévalence est passée de 18,75 % à 62,50 % pour l'Amikacine ; de 18,64 % à 30,51 % pour la Ciprofloxacine ; de 19,61 % à 39,22 % pour la Céftazidime ; et de 5,58 % à 22,22 % pour l'Imipénème (de 2018 à 2021).

Conclusion

La croissance de la résistance de P. aeruginosa aux β-lactamines, fluoroquinolones et aminosides constitue une menace réelle pour la santé publique en termes de difficultés de prise en charge des infections à P. aeruginosa. Le renforcement du système national de surveillance de la résistance aux antimicrobiens est un réel enjeu pour une lutte efficace.


Mots-clés : P. aeruginosa, Résistance aux antimicrobiens, INH, Togo