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Évolution de la prévalence des Staphylococcus aureus résistants à la méticilline à l'Institut National d'Hygiène, Lomé, Togo, 2011–2017

23 February 2026
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Évolution de la prévalence des Staphylococcus aureus résistants à la méticilline à l'Institut National d'Hygiène, Lomé, Togo, 2011–2017

Résumé : Cette étude transversale descriptive a analysé l'évolution de la prévalence des Staphylococcus aureus résistants à la méticilline (SARM) à l'INH de Lomé entre 2011 et 2017. Sur 2 261 souches de Staphylococcus isolées, la prévalence globale des SARM était de 26,28 %, avec une augmentation significative de 10,73 % à 37,65 % de 2011 à 2017. Ces résultats révèlent une menace croissante pour la santé publique et plaident pour l'instauration d'un système national de surveillance des infections associées aux soins.


Auteurs : AY. Sadji, A. Patassi, WA. Halatoko, L. Amegan, K. Palanga-Karoue, FDA. Salah, K. Akolly, B. Bidjada, A. Azon, A. Kutoati, MA. Amouzou-Glikpa, AM. Abaya, ESK. Awoussi, OE. Abodji, JL. Gnagbane, E. Posso, M. Salou

Institutions : ¹Laboratoire de bactériologie, Institut National d'Hygiène (INH), Lomé, Togo ; ²Service des Maladies Infectieuses du Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio, Lomé, Togo ; ³Faculté des sciences de la santé, Université de Lomé, Togo

Contact : Adodo Yao Sadji, Médecin Biologiste et épidémiologiste — adodosadji@yahoo.fr — Tél. : +228 90 31 73 95


Introduction

La multirésistance des bactéries aux antibiotiques constitue une menace pour la santé publique. Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) fait partie des douze bactéries multirésistantes prioritaires de l'OMS et est responsable d'infections associées aux soins. La disponibilité des données est indispensable pour la mise en place des mesures de lutte contre ces infections. Cette étude vise à déterminer l'évolution de la prévalence des SARM à l'INH de 2011 à 2017.

Méthodes

Il s'est agi d'une étude transversale descriptive des données d'antibiogramme des souches de Staphylococcus aureus isolées des examens cytobactériologiques des prélèvements pathologiques à l'INH de 2011 à 2017. Les prévalences de résistance globales et annuelles ont été calculées et testées à l'aide du Chi-carré. Les données ont été analysées avec le logiciel Epi info 7.2.2.16.

Résultats

Un total de 2 261 souches de Staphylococcus d'intérêt médical était isolé des divers produits pathologiques traités à l'INH de 2011 à 2017, dont l'espèce Staphylococcus aureus représentait 48,56 %. Durant cette période, la proportion de Staphylococcus aureus était de 11,01 % de l'ensemble des souches bactériennes isolées des produits pathologiques.

La prévalence globale des SARM était de 26,28 % [IC 95 % : 23,74 ; 29,00]. De 2011 à 2017, une augmentation significative des prévalences de résistance de Staphylococcus aureus à la céfoxitine a été observée, passant de 10,73 % à 37,65 % (p < 0,0001). Par ailleurs, 44,79 % [IC 95 % : 41,92 ; 47,68] des Staphylococcus non aureus étaient résistants à la méticilline.

Conclusion

L'augmentation des souches de SARM isolées avec le temps constitue une menace réelle pour la santé publique en termes de difficultés de prise en charge des maladies infectieuses. Il est recommandé de mener une étude sur l'incidence des SARM associés aux soins dans les structures de santé et de mettre en place un système national de surveillance des infections associées aux soins dans les structures sanitaires, afin de mieux apprécier le fardeau national de ce fléau.


Mots-clés : Résistance aux antibiotiques, S. aureus, INH, Togo